Économie d’entreprise – Réinventer le management avec le quotient émotionnel

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Les organisations ont longtemps promu le QI (quotient intellectuel) comme l’unique moyen de réussir, et les émotions ont longtemps été opposées à l’intelligence, à tort. Le psychologue Daniel Goleman, diplômé de Harvard, a eu l’idée de se pencher sur la réussite des dirigeants et des managers dans une centaine d’entreprises américaines, dans le but de détecter si ces réussites présentaient des similitudes. Son étude a soulevé que ceux qui réussissaient le plus n’étaient ni les plus diplômés, ni ceux qui avaient le meilleur QI, ni ceux qui étaient experts dans leur domaine.

La réussite dépend plus du quotient émotionnel (QE) que du QI, et repose sur l’identification et la maîtrise des émotions, une bonne estime de soi et la capacité à identifier les éléments positifs d’une situation ou un événement. Il existe donc une corrélation entre réussite et compétences émotionnelles selon l’étude de Coleman.

 Économie d’entreprise – Réinventer le management avec le quotient émotionnel

De quoi parle-t-on ? Carrefour entre l’émotion, la cognition et la sensation, l’intelligence émotionnelle se définit comme “l’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres” au sens de Salovey et Mayer, psychologues américains. L’intelligence émotionnelle s’exprime, se manifeste par le biais des soft skills, c’est-à-dire les compétences comportementales (l’écoute active, l’adaptabilité, la créativité, la prise d’initiatives, l’organisation, te travail en équipe par exemple), mais aussi le langage non verbal et les micro-expressions.

L’intelligence émotionnelle regroupe 3 facultés successives :

  • L’accès à ses propres émotions : qu’est-ce que je ressens ? qu’est-ce que ça suscite en moi ?
  • La transposition du ressenti en compréhension : pourquoi je ressens ça ? qu’est-ce qui fait que ça me touche de cette façon ?
  • La transformation de la compréhension en compétence pour agir et interagir : comment je peux utiliser mon ressenti pour prendre des décisions en impliquant ou impactant les autres ? comment travailler sur mes émotions pour qu’elles répondent à mes besoins, ou à ceux de mes interlocuteurs ?

Développer l’intelligence émotionnelle permet de mieux sentir ses propres émotions, de mieux cohabiter avec la peur, le stress, la surprise, et toutes les émotions envahissantes qui peuvent empêcher ou rendre difficile notre relation aux autres. Elle est un ancrage, un appui qui nous aide à discerner chaque émotion, l’éventail d’émotions qui la compose, à en supprimer les parties toxiques qui nous gênent et à accepter cette émotion qui, quelque part, nous fait grandir.

Quotient émotionnel et management : quel lien ? Transposé au management, le QE est un facteur de développement personnel et d’efficacité dans la prise de décision. Si l’intelligence émotionnelle n’est pas un concept nouveau, c’est son recours qui est devenu aujourd’hui une compétence incontournable dans le monde du travail, qui plus est pour les postes de manager. Le rôle du manager est autant centré sur le relationnel que sur la technicité. Cela sera d’autant plus vrai avec la montée en puissance de l’automatisation et de l’intelligence artificielle. Pour le manager, il est indispensable qu’il puisse se servir de son éventail d’émotions pour renforcer les messages qu’il souhaite véhiculer, tout en percevant ce que ressent l’autre pour adapter, au besoin, ce message.

Comment développer son quotient émotionnel ? Travailler son intelligence émotionnelle passe par des mises en situation dans la vie courante, même professionnelle. En d’autres mots, l’intelligence émotionnelle s’expérimente et s’entretient. C’est avant tout un travail de compréhension de ses propres émotions sans chercher à les pallier. Par exemple, en situation de stress par rapport à un événement à venir, demandez-vous “pourquoi je ressens du stress ?” Si vous craignez quelque chose, que craignez-vous et pourquoi ? Essayez d’analyser avec bienveillance envers vous-même ce qui provoque ce ressenti. Vous verrez qu’être bienveillant avec soi est parfois plus compliqué qu’être bienveillant avec les autres.

Pour conclure, toutes les situations de la vie privée et professionnelle sont source de réflexion pour développer votre quotient émotionnel. Avec le temps, votre prise de recul et votre sensibilité s’aiguiseront. L’intelligence émotionnelle facilite les relations, elle nous permet de relativiser, de se protéger des mots blessants (que ce soit envers nous ou envers les autres), et de privilégier des postures bienveillantes. Une récente étude a démontré que les entreprises qui cultivent l’intelligence émotionnelle dans leurs équipes constatent de multiples bénéfices : augmentation de la productivité, meilleure adhésion à la culture d’entreprise, satisfaction des collaborateurs et augmentation des parts de marché. Alors, qu’attendez-vous ?